Commerce Fluvial

La crue de l’Allier et la destruction du port de Lachaise – Novembre 1790

 

Le port de Lachaise, entre Contigny et Monétay-sur-Allier, était le principal embarcadère des vins du Saint-pourçinois sur l’Allier alors navigable. Les poinçons (tonneaux) de vin descendaient la rivière sur les gabares des mariniers, rejoignant la Loire au bec d’Allier.

 

En novembre 1790, une crue centenale de la rivière emporta toutes les installations de l’embarcadère, les bateaux et les stocks de poinçons. Cette crue a été précisément décrite par le curé-maire Philippe Papon, dans son registre paroissial.

 

« Aujourd’hui douze novembre mil sept cent quatre-vingt dix, les rivières d’Allier et de Sioule sont parvenues à un degrez de grandeur dont on ne connoit point d’exemple […] Environ à midi la crue de l’Allier parut, qui se joignant à la Sioule dit un débordement qui sur le champ manqua submerger les poinçons [tonneaux] […] il n’est pas possible de représenter cette ouvrage ; plus de deux-mille poinçons, des hommes dans l’eau jusqu’à l’estomac [...] mais peines inutiles, il fallut céder à l’impétuosité, il fallut chercher son salut dans la fuitte ; et trois cent poinçons furent soulevés environ. Dès cinq heures, de minute en minute on voyoït l’acrussement, les poinçons entassés firent plus de résist    ance, mais sur les onze heures, où le débacle fut générale, les mariniers furent forcés d’abandonner leurs bâteaux […] on entendit toute la nuit que pleurs, qu’hurlements dans le village de la chaume […] on n’aperçevait qu’une nappe ds’eau qui s’étendoit jusqu’au château des Echerolles, il ne fut pas possible de découvrir la moindre partie de terre, à peine voyait-on le sommet des saules. […] arrivé via-à-vis le village de la Chaume, […] j’appris avec grand plaisir que les mariniers se comportoient avec beaucoup de zèle, […] et ils eurent l’honneur de sauver tous les habitants de ce village qui étoient au nombte de trente-cinq il n’y eu qu’une seule femme, octogénaire et infirme, qui ne voulut jamais sortir. On fut obligé de suspendre son lit au fait du bâtiment, où, disait-elle, j’attends en paix la volonté de Dieu. »

 

Il fallut attendre le 15 novembre pour connaître le sort du village de Rachailler, situé de l’autre côté de la rivière :

 

«  Nous avons enfin appris que nôtre village de Rachailler n’avoit perdû aucune personne, que la plus grande partie avoit été obligée de se réfugier dans leurs granges avec leurs bestiaux ; que poursuivis par l’eau, les uns étoient montés au grenioer, les autres sur leurs gerbiers, et qu’ils ont beaucoup de peines pour sauver leurs gros bestiaux ; plusieurs nous ont dit que l’eau les avoit surpris dans leur lit, qu’ils ne se sont éveillez qu’au bruit, ils se sont levés avec précipitation ; c’est alors qu’ils se sont crus perdu, quand au sortir de leur lit, ils se sont trouvés dans l’eau jusqu’aux genoux ; ils ne sçavoient à qui coûrir, l’eau les poursuivant avec impétuosité ».

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