Vignoble

Le vignoble de Saint-Pourçain

C’est au XIIIe et XIVe siècle que nos vins connurent un succès extraordinaire. Tous les coteaux étaient couverts de vigne (jusqu'à 8000 hectares). Une grande partie de la récolte était expédiée par bateaux (les sapines), du port de La Chaise à Monétay-sur-Allier pour les châteaux de Flandre et d’Artois ainsi que pour les Papes en Avignon. Depuis 1642, le Canal de Briare a permis de rejoindre Paris plus facilement.

En 1789, à la veille de la Révolution, une grande partie du vignoble appartenait à des religieux, à des nobles ou à de riches bourgeois.

Il faudra attendre le 19e siècle pour que les vignerons accèdent à la propriété en achetant de petites parcelles.  Le vignoble se fragmente.

Au début de l’année 1709, la gelée (jusqu’à -26°) fait beaucoup de dégâts. En 1877 arrive l’oïdium et, en 1888, le mildiou.

La navigation sur l'Allier est abandonnée en 1870  alors que les voies ferrées isolent Saint-Pourçain (la gare sera inaugurée seulement en 1932 et le trafic sera restreint jusqu'à disparaître en 1939) ). Les vins du Midi et d'autres régions sont favorisés  et l’aire commerciale de notre vignoble réduite au Département de l’Allier.

En définitif, c'est la route qui rivalisera avec le rail.

En 1891, un Syndicat est constitué pour défendre les intérêts économiques des vignerons. Il sera remplacé en 1906 par le Syndicat agricole qui approvisionnera en engrais et produits de traitement.

Le phylloxéra atteint le village de Saulcet en 1892 et s’étend à tout le vignoble malgré l’arrachage des vignes atteintes et les traitements au Sulfure de Carbone.

A partir de 1893 les vignerons replantent avec nos cépages greffés sur des bois américains qui eux sont épargnés par l’insecte. Pour le vin rouge, les cépages sont surtout des Gamay (Gamay Lyonnais, Gros Gamay d’Auvergne, Gamay teinturier, …). Le vin blanc est obtenu avec deux cépages locaux : le Tressallier et le Saint-Pierre Doré, un peu d’Aligoté et de Meslier (très productif).

L’installation se fait sur poteaux et fil de fer.

Le 26 octobre 1893 voit l'inauguration du "Tacot", petit train à voie étroite, qui relie les communes entre elles : Chantelle, Ebreuil, Varennes, Digoin, Lapalisse, Le Mayet de Montagne... Il y avait peu de voyageurs et après la guerre de 1914, ce fut le déclin et la ligne sera supprimée en mai 1938.

La Guerre de 1914-1918 provoque des difficultés mais sans trop modifier la surface en vigne.

Entre les deux guerres, le vignoble diminue à cause de la cherté des produits de traitement et la rareté de la main-d’œuvre. Les superficies se réduisent à 1530 hectares en 1935.

Pendant la Seconde Guerre Mondiale, bien des viticulteurs ont planté des cépages directs pour assurer leur propre consommation et celles des amis.

L’Association des viticulteurs est créée le 25 octobre 1947 pour fédérer d'éventuels adhérents,  en vue de la création d’une Cave Coopérative dont on parlait depuis 1932. Elle verra le jour en 1952 et facilitera la vente des vins.

La Loi du 20-12-61 attribue au Saint-Pourçain un label VDQS dans une aire délimitée, sous certaines conditions d’encépagement (Gamay pour les rouges - Tressalier, St-Pierre Doré, Chardonnay, Aligoté, pour les blancs).

En 1956, un décret donne la possibilité d’arracher, avec subvention, des vignes anciennes et les plants non greffés qui subsistent encore, mais la replantation ne suit pas. C’est une régression de la surface en vigne qui gêne la Coopérative.

En 1964, un peu sous la pression d’un groupe de jeunes, intéressés par la vigne, l’Association des Viticulteurs engage un technicien qui a bien du mal à se faire une place. Malgré tout, il soutient les jeunes pour des plantations plus larges, en vue d'une mécanisation. Il engage aussi les Caves particulières à revoir l'installation de leurs caves pour une meilleure qualité du vin.

A partir de 1965, la Cave Coopérative connait un déclin : les clients se font rares, la qualité non appropriée est en cause .

1968 voit la création de la Maison du Saint-Pourçain qui fait la promotion des vins de la Coopérative et des produits locaux. Ce restaurant perdurera jusqu'en 1983. 

La Chambre d’agriculture constate que des problèmes existent  alors qu'un outil de production a nécessité des investissements importants. Elle va faire pression sur le Direction de la Cave et de l'Association des Viticulteurs (même Président) pour moderniser et restructurer le vignoble.

On dispose d’un outil : l’OGAF (Opération Groupée d’Aménagement Foncier) prévu par un décret de 1972, mis en œuvre par le Ministère de l’Agriculture.  Sur une zone géographique donnée, limitée en surface, l’OGAF a pour but de promouvoir des opérations d’aménagement foncier pour permettre une meilleure rentabilité des structures existantes.

Pour son financement, l’OGAF bénéficie d’un budget  provenant de diverses subventions pour : la libération du foncier, la session des droits de replantation, l’aide à la plantation avec le prise en charge des 4 premières annuités des emprunts contractés au Crédit Agricole par les planteurs. 

Deux OGAF se révèlent assez satisfaisantes. Notons à l’actif de la première, en 1973, l’installation de huit jeunes et au total 32 viticulteurs pour 114 hectares. Les planteurs sont tous adhérents à la Cave.

La seconde OGAF, terminée en 1984 se solde par 63 exploitants pour 80 hectares. Ce sont 194 hectares au total qui sont  plantés.

Le Pinot noir a été réintroduit dans les clos à l’occasion de cette opération.

La pugnacité du technicien de l’Association des Viticulteurs a eu un rôle déterminant. Il a entrepris la prospection de 500 à 600 agriculteurs qui pouvaient être intéressés et son rôle était de les convaincre de participer à l’OGAF.

La construction des clos s'est faite presque secrètement pour éviter l’emballement des prix, ce qui n’a pas empêché le doublement de la valeur à l’hectare.

Ce travail n’aurait pas abouti si la SAFER n’avait pas été partie prenante, le technicien ayant joué un peu le rôle de démarcheur.

Les Services de la Viticulture des Douanes ont facilité le travail du technicien dans la recherche des droits de plantation étant entendu que chaque vigneron qui arrache de la vigne possède à son actif un capital de droits qu'il peut revendre. Il s'agissait de consulter les dossiers, ce qui s'est fait en bonne intelligence.

N’oublions pas non plus le groupe de jeunes agriculteurs prêts à se lancer dans la viticulture, à jouer le jeu de l’OGAF en servant d’exemple.

La participation de la Chambre d’Agriculture a été indispensable pour le très conséquent travail de secrétariat.

En 1976, la présidence de l’Association des Viticulteurs change. Le nouveau Président, vigneron indépendant, planteur lui-même de vigne large,  milite pour la qualité des vins et, en 1984, une demande d’obtention de l’Appellation d’Origine Contrôlée (AOC) est adressée aux autorités compétentes. Il faudra attendre des années pour l’obtenir.

Il revient à l'Association, d'organiser une dégustation et de délivrer le label VDQS uniquement aux vin satisfaisant aux différents critères, un déclassement intervenant pour les autres qui restent : vin de consommation courante.

Le 15 mai 1983 est ouvert un caveau de dégustation dans la ville de Saint Pourçain, sous la forme de deux GIE (Groupement d'intérêt Economique) : Le Douzil se chargera de l'achat du vin et le Cellier, de la vente. Au début, après appel d'offre et dégustation par une commission, le vin est mis en bouteille par le Douzil. Par la suite, les bouteilles de toutes les caves seront vendues,  en même temps que des produits du terroir. 

L'établissement fermera ses portes en 2009.

De 1985 à 1987, une Route des Vins verra le jour avec la collaboration de l'UDOTSI (Union Départementale des Offices de tourisme et des Syndicats d'Initiative ) et de la DDE (Direction Départementale de l'Equipement ) . Des panneaux seront implantés pour indiquer la direction de  chaque cave, sur les 19 communes.

En 1976, un nouveau Président est élu à la Cave coopérative. Un Directeur est embauché qui ne restera pas très longtemps et le Président lui-même sera appelé à d'autres responsabilités

C’est en 1979 qu’arrive une nouvelle équipe particulièrement soucieuse du revenu des adhérents,  qui va très vite orienter la politique sur la qualité.

En 1980, le Conseil d’Administration oblige les adhérents à l’apport total (certains vignerons gardaient les meilleurs raisins pour les vinifier chez eux et négocier le vin eux-mêmes).

De nouvelles installations sont opérationnelles en 1981. Elles vont justement apporter un plus dans les vinifications.

 

En 1988-89, une nouvelle campagne d'arrachage avec indemnités supprime encore quelques mauvaises vignes.

Pour inciter à la replantation, la Coopérative donne 11 000 Frs à l'Hectare aux vignerons qui plantent du Tressallier et 9000 Frs pour le Chardonnay.

Malheureusement en 1991 on constate un gel sévère, et en 1992 le vin blanc est moins demandé…

Pour la promotion, une cuvée de rouge est commercialisée à partir de 1986 sous le nom de « Ficelle », dans une bouteille sérigraphiée, dessinée chaque année par un humoriste différent. la « Confrérie de la Ficelle » voit le jour. Ce vin est proposé chaque année le premier samedi de décembre par une joyeuse Assemblée et, le lundi,  les Compagnons de la Ficelle partent à Paris pour faire déguster dans les cafés de la Capitale.

Il existe une autre confrérie : « Les Fins Palais de St-Pourçain en Bourbonnais » qui, depuis 1962, fait également la promotion des vins du terroir et organise une manifestation pour fêter St-Vincent en janvier ainsi que le ban des vendanges en Septembre.

Le vin de Saint-Pourçain a retrouvé ses lettres de noblesse, les clients sont revenus et, pour effacer une période difficile, la Cave Coopérative est devenue "Union des Vignerons"le 17 janvier 1981.

 

Les vignerons indépendants avaient eux aussi souffert , bien que certains étaient connus à l'extérieur mais tous se sont remis en question.

Pour avoir plus de relations les uns avec les autres et avec d'autres vignobles, mieux se défendre, ils ont adhéré à la Fédération des Caves Particulières en 2004.

Le temps est passé, Plusieurs Présidents se sont succédés tant  à l'Union des Vignerons qu'au Syndicat des Viticulteurs et c'est une autre génération qui est aux commandes.

Pour beaucoup, ces jeunes sont allés en école de viticulture, œnologie, commerce…  et ils s'efforcent, eux aussi, de servir La qualité des vins.

En 2009, tous sont récompensés par l’obtention de l’AOC, et c’est tout un vignoble qui fait la fête.

L'Association des Viticulteurs est devenue : Syndicat des Viticulteurs et en 2009, reconnu ODG ( Organisme de Défense et de Gestion).

Aujourd’hui, on recense 20 caves : l’Union des Vignerons et 19 caves particulières, pour un total de 640 hectares. La commercialisation se fait dans les caves, auprès des Restaurants… Des marchés se développent en Europe du Nord (Belgique, Allemagne, Pays-Bas, Angleterre, …) et même au Japon.

Une nouvelle page s'écrit sur l'histoire du vignoble de Saint-Pourçain.

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